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A la une Cycle
On va organiser ici  un cycle cinéma fauché, qui nous aime nous suive !
 
A la une Ailleurs...

Bon, on va finir par cracher le morceau puisque aux moins deux groupies hurlent devant nos fenetres nuit et jour. Bon pour faire court on écrit des choses ailleurs. Deux endroits pour être précis, d'où un petit ralentissement ici, même si ce ralentissement vient plus de notre flemme qu'autre chose.

Un endroit que vous connaissiez déjà, TasteofAsia ré-ouvre ses portes. Nous sommes toujours dans le projet. Si à l'occas vous écrivez sur des films asiatiques, le portail est la pour accueillir vos critique et les mettre en valeur.

Autre chose, plus importante: LapagecultureAsie a ouvert ses portes lundi dernier. Soutenu par Alapage, ce blog parle de manga, de jeux vidéos asiatique et de films de la même région. Nostalgic et moi même nous occupons de cette partie. D'autres blogs ont ouvert sur des thèmes comme la littérature, les jeux vidéos et le high tech. Voila, c'est tout. Vous pouvez aller y faire un tour si ça vous chante.


Voila petite info, P4c, membre du collectif taste of Asia, organise sur son blog un petit jeu concours pour gagner des DVDs du (très bon) film the President's Last Bang de Im Sang-Soo. Si ca vous interesse allez faire un petit tour ici et tentez votre chance ! Perso c'est déjà fait !

 
 
A la une Pour les pressés, l'index nominum

Comme notre index plante et que je ne trouve pas le problème, j'incruste ce petit moteur de recherche qui devrait vous permettre de trouver ce que vous souhaitez !

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Thirst, Park chan Wook vampirise de spectateur !
Thirst, Park chan wook, Corée, 2009.

Le Pacte

Ouéééé, voila le PCW nouveau, et contrairement au beaujolais qui est toujours mauvais, lui est invariablement fidèle aux attentes des fans (qui par principe de toutes façons, ne sont jamais déçus...). Après Old Boy, Lady Vengeance et autres Sympathy for mister vengeance qui l'ont fait connaitre en Europe, après le politique JSA, voici le réalisateur touche à tout qui s'attaque au film de vampire. Mais comme me l'a si bien défini mon compère Nostalgic (qui l'avait vu avant moi, comme de coutume), c'est un anti Twilight en puissance (et tant mieux, désolé Ashtray !). On y retrouve le débonnaire Song Kang Ho, et le très bon Shin ha Kyun. Le premier n'étant en fait pas si débonnaire que cela puisque c'est lui le héros de ce film. Prêtre en Corée, il décide de participer à un programme de recherche très risqué sur une maladie qui ne touche que les hommes seuls asiatiques ou blancs (ce qui explique pourquoi les médecins sont tous noirs et que l'hospice soit en Afrique francophone...). Il décède, mais une transfusion sanguine le sauve miraculeusement. Il guérit aussi sec, et devient un miracle vivant. Mais sa peau a de plus en plus de mal à supporter le soleil... Vous l'avez compris, il devient vampire. Le voila obligé de boire du sang pour survivre, ce en quoi les comateux de l'hopital lui sont bien utile ! Mais outre sa vie nocturne et son appétit hémoglobinique, sa vampiritude éveille en lui un désir charnel bien humain (ce qu'il n'est paradoxalement plus !), celui de faire l'amour, d'aimer une femme. Et le voila dans les bras, ou entre les cuisses si vous préférez de la sœur d'un de ses très anciens amis complètement bêta et hypocondriaque. A la suite d'évènements biens naturels dans ce genre de situation, le bonhomme meurt (est aidé à mourir...), la femme adultère devient vampire, et dépasse le maitre en termes de cruauté. Lui qui ne tuait jamais personne vient de donner naissance à un monstre sanguinaire, qui ne rêve que de profiter de sa nouvelle "vie", histoire de rattraper le temps perdu avec l'idiot.

Kim Ok-Bin et Song Kang-Ho. Le Pacte

Comme on peut s'en douter avec Park Chan Wook, la réalisation est passablement sanglante (et quoi de plus normal dans ce genre de film, qui plus est asiatique), l'hémoglobine gicle tarantinesquement, le sang coule par litres, les veines sont tranchées gouluments, parfois au court d'ébats quasi sexuels (ou carrément sexuels). C'est une débauche de bacchanales dionysiaques ; mais à trop débaucher, le prêtre à des accès de mauvaise consciences, témoignages de son ancienne cure. L'une d'elle notamment, lorsque le couple, se faisant passer pour des gens tranquilles invite d'anciens amis pour une partie de mah jong. Mais ces derniers découvrent le pot aux roses, et se font égorger aussi sec par la compagne de l'ex prêtre, déchainée. La scène ou elle rigole en imitant la mièvrerie de l'une des invités est tout bonnement démoniaque ! Un vrai régal, ou un sacré frisson ! Pour le reste le film est bien construit, il passe très bien et vite, pour peu que l'on soit bien assis. La photographie, le jeu des acteurs, la musique ; rien n'est négligé, tout est bon. le flot de sang peut en révulser plus d'un, mais après tout, c'est un film de vampire... La fin est surprenante, comme nous le disions à l'opposé de la vision romantique et sexy du vampirisme, se rapprochant peut être plus de ce que Anne Rice est son Lestat décrivaient (j'ai bien dit rapprochant, pas équivalent). Song Kang Ho montre encore une fois qu'il est capable de tout jouer, et pas seulement les idiots bedonnants. Shin ha Kyun, on le savait déjà, est un grand acteur ; quand à la jeune femme qui leur donne la réplique, Kim Ok vin, elle semble posséder un potentiel plus qu'intéressant, elle qui sans être débutante était plutôt habituée aux séries télé. Est ce son talent ou celui de la réalisation, l'avenir nous le dira.

 Que dire de plus, sinon que c'est un film à voir, spécial pour le genre, surprenant et troublant.


Carcharoth
 
Thirst, ceci est mon sang - ma note pour ce film :
Réalisé par Park Chan-wook
Avec Song Kang-Ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-Sook, ...
Année de production : 2008
« Vengeance » de Johnnie To : Johnnie et Johnny

« Vengeance » : le mot est lancé, clair et net, tranchant comme une lame de rasoir, impitoyable. Johnnie To est aux commandes. Le cinéaste hongkongais, sur une excellente lancée depuis le diptyque « Election », qui s’est suivi par le stylisé et puissant « Exilé » et par le sombre et ambiguë « Mad Detective » a décidemment choisi d’orienter de plus en plus ses polars vers des contrées plus sombres, violentes, troubles et angoissées qu’auparavant, étoffant son propos de films en films, le tout soutenu par la puissance stylistique de sa mise en scène et le rythme ébouriffant de sa narration….

Le nouveau venu « Vengeance » rien qu’à son titre très évocateur, permet d’emblée de le situer dans cette continuité, celle d’un film à la morale trouble, à l’atmosphère âpre et instable, bref, une œuvre de chair et de sang, de cris et de larme, impitoyable et hystérique (en apparence…)…qui nous présente à la surprise générale un certain Johnny Hallyday coté casting, dans le rôle principal d’un père, Francis Costello, ancien tueur professionnel de la mafia, qui se rend à Hong Kong pour venger le meurtre brutal de sa fille et de sa famille ! Que l’on aime ou pas Johnny Hallyday, cette démarche très étonnante avait quand même de quoi surprendre et inquiéter, certes, mais aussi de quoi intéresser car c’est la première fois que To fait appel à un acteur occidental dans ses films, et aussi parce que jamais on aurait pensé que ces deux là se croiseraient un jour dans leur carrière ! Mais soyons honnête, d’une certaine manière Johnny Hallyday a quand même une gueule à faire du cinéma, et plus encore, à jouer des grosses brutes dans des polars comme ceux de Johnnie To (du moment qu’il ne parle pas ou peu) ! Donc la nouvelle, aussi étonnante soit-elle, n’était pas non plus totalement inquiétante…

ARP Sélection

Le film retrace donc le récit d’une vengeance, celle de Francis Costello, dont le massacre de sa famille par des hommes de mains pour une raison inconnue, va le pousser à reprendre les armes (lui qui avait raccroché pour ouvrir un restaurant en France)…Cependant le vieux bougre ne sait pas par où commencer et arrive en plein Hong Kong complètement paumé, désarmé au beau milieu de cette citée bouillonnante et sombre, baignant dans l’atmosphère moite de cette ville arrosée par la pluie…Celui-ci retrouve sa fille à l’hôpital (interprétée par Sylvie Testud pour l’anecdote), unique survivante du massacre qui l’implore de la venger, elle et les siens…ce qu’il compte bien faire. Mais le problème est qu’il est un étranger total dans cette ville, totalement seul, sans indices et sans idées des coupables…C’est alors qu’il va croiser par hasard une bande de tueurs (interprétés par les traditionnels Anthony Wong, Lam Suet et Lam Ka-Tung déjà vu dans d’autres films de Johnnie To) à qui il va demander de l’aide. En échange de leur soutien, ils seront payés et recevront le restaurant de Francis à Paris. Or, il s’averre que le patron de ces trois tueurs, n’est autre que le commanditaire de l’assassinat de la famille de Costello, George Fung. Parallèlement, on découvre aussi que Costello est en train de perdre lentement la mémoire des suites d’une ancienne blessure à la tête. Mais si l’on oublie tout, à quoi bon se venger ?

Johnny Hallyday. ARP Sélection

A priori malgré quelques idées très intéressantes (notamment l’amnésie progressive de Costello) force est de constater que ce n’est pas le scénario le plus inspiré de Johnnie To, ni même le plus original, l’ensemble de l’intrigue ne rappelant que trop bien un certain « Exilé », avec toujours cette traditionnelle peinture de la fratrie masculine, de ces milieux virils violents et machistes avec des flingues et qui se tirent à tout va…On peut même retrouver une certaine récurrence dans les rôles, notamment ceux d’Anthony Wong, Lam Suet, Lam Ka-Tung et surtout celui de Simon Yam, interprétant George Fung, personnage qui rappelle trait pour trait le boss Fay d’« Exilé »….ainsi, on a la ferme et dérangeante impression de revoir une deuxième fois un Johnnie To qui a déjà été fait…et en mieux. Aussi « Vengeance » dans son ensemble devient un film un peu lassant et vain, qui pue la répétition ratée, alors qu’au contraire celui-ci semblait annoncer une continuité et un approfondissement conséquent dans l’œuvre de To (thématique d’abord, et aussi une atmosphère beaucoup plus chargée encore qu’avant, c’est-à-dire plus crépusculaire, plus noir ). Serait-ce le signe d’une perte d’inspiration ? C’est bien possible. Mais le pire n’est pas encore là : parce qu’en plus de réexploiter des situations et des intrigues déjà vues, le film souffre par moment d’une mise en scène bien trop lourde et trop stylisée (gunfights à répétitions filmés au ralenti : au 4ème on commence un peu à en avoir marre), et surtout d’un rythme totalement chaotique et affreusement inégal de sorte que le film alterne quelques séquences brillantissimes d’invention et de poésie (la fusillade de nuit dans la forêt, éclairée par la lumière vacillante de la pleine Lune) et de nombreuses longueurs disséminées dans tout le film, mal filmées de surcroît, qui font que la mayonnaise ne prend pas vraiment. En gros, le film n’arrive pas à démarrer, comme si Johnnie To s’était pris les pieds dans son propre tapis, dans son propre style, dans sa propre oeuvre. D’où un film « mort né » dont il ne ressort que la frustration d’une œuvre gâchée et bâclée, qui, si elle pouvait être intéressante au premier abord, finie totalement dénuée d’intérêt pour le spectateur qui n’attend plus que Costello se venge une bonne fois pour toute et que le film se termine…

Ainsi, si avant d’aller voir « Vengeance » on avait une confiance quasi-aveugle en Johnnie To, et bien on en ressort un peu angoissé et inquiet pour le devenir du cinéaste de Hong Kong, qui signe ici il faut le dire son premier film vraiment raté et mauvais…D’autant plus qu’il ne faut pas ici jeter la pierre à Johnny Hallyday, qui incarne un Costello crédible, qui a de l’épaisseur, et il faut le dire une certaine classe. Ce qui en fait au final le seul véritable intérêt et la vrai surprise de ce long métrage, où la superstar française présente une nouvelle dimension de sa personnalité, loin des concerts immenses et populaires de son métier de chanteur, mais avec ici une dimension beaucoup plus intime, fragile, sensible et en même temps aussi violente et instable. Aussi on retiendra cette scène très touchante où Costello et ses hommes retrouvent les assassins de sa fille, lesquels sont en train de pique-niquer avec leur famille dans la forêt. Les hommes savent pourquoi Costello et ses acolytes sont là, en train de les observer au loin. Aussi les enfants de ceux-ci leur font partager leur repas et s’en vont. On ressent ici en cet instant toute l’intensité dramatique du film, de sorte que cette séquence est la seule parfaite et digne d’intérêt de « Vengeance » : Costello doit-il pardonner ou doit il poursuivre son acte vengeur, quitte à précipiter la spirale de vengeance dans un cercle infini ? Car s’il tue ces hommes, il ravagera leurs familles autant qu’il fut dévasté lui. Aussi le propos de « Vengeance » prend toute sa dimension ici : les hommes sont trop occupés à s’entretuer de manière absurde alors que le salut et la seule source de bonheur résident dans la famille, celle justement pour laquelle on est près à tout les sacrifices, à dépasser toutes les limites…Aussi se forme ici une nouvelle thématique chez Johnnie To qui est celle de la famille, mais non pas la famille mafieuse comme c’était le cas avant, mais ici la famille de sang, et plus au-delà encore, le thème de la Femme, de la Mère.

Johnny Hallyday et le réalisateur Johnnie To. ARP Sélection

On connaissait les films de Johnnie To comme étant des films mettant peu en avant les femmes, de sorte que les personnages féminins étaient très souvent anecdotiques et faisaient plus figure de remplissage qu’autre chose…Ici la femme trouve sa pleine incarnation dans le personnage de cette mère qui élève sur une plage au milieu de nulle part une dizaine d’enfants. Cette dernière est dévouée tout entière au bonheur de ses enfants et recueille Costello et ses hommes lorsqu’ils doivent se réfugier. On ressent encore une fois chez Costello ce tiraillement entre poursuivre sa vengeance (au risque de perdre son âme et son humanité), ou trouver la paix, le réconfort et la rédemption au sein de cette famille qui est prêt à le recevoir et à l’aimer. Le salut vient par la Femme, la famille, par l’amour dévoué et désintéressé pour sa famille, seule raison de vivre, et seule raison de tuer. Cet archétype de la Mère (presque sainte comme la vierge Marie) est largement tirée du western où la femme, « la Madone », est toujours une alternative pour le Cow-boy face à son existence misérable, violente et son errance sans but, où il ne trouve pas de place sur Terre.

Aussi on finit par comprendre que « Vengeance » est finalement un film dont l’enjeu est bien plus différent que celui des précédents polars de Johnnie To, et se situe dans une exploration plus intime, posée et émotionnelle qu’avant (déjà peut-être amorcée par « Exilé » justement qui se démarquait par une certaine poésie et une vraie mélancolie, comme le chant funèbre qu’est « Il était une fois dans l’Ouest », western de Leone)…Et on comprend que c’est justement cette nouvelle expérimentation qui entraîne ce défaut de rythme du métrage dont on parlait plus haut, parce qu’elle est totalement nouvelle pour le metteur en scène. On peut donc apercevoir en « Vengeance » ce qui peut être certainement un mauvais film marquant une perte d’inspiration chez To, mais aussi sans doute ce qui est un film de transition vers probablement quelque chose de nouveau à l’avenir dans l’œuvre du hongkongais.

Pour la suite, comme on dit « qui vivra, verra ».

Ichimonji


 
Vengeance - ma note pour ce film :
Réalisé par Johnnie To
Avec Johnny Hallyday, Sylvie Testud, Simon Yam, ...
Le Bon, la Brute et le Cinglé de Kim Jee-Woon : L’affiche ne fait pas le film cher Kim !
Voila l'avis tranché d'Ichimonji sur le western déjanté Le Bon, la Brute et le Cinglé de Kim Jee-Woon, évidement Carcharoth et moi même en grands consensuels que nous sommes, ne partageons pas le même point de vue car quand même mettre un 2 étoiles sur Asiaphilie ce n'est pas notre genre mais enfin c'est l'avis d'Ichimonji. (Nostalgic du cool)

ARP SélectionImaginez un peu la chose suivante : Kim Jee-Woon, réalisateur coréen loin d’être manchot avec une caméra dans les mains et qui avait laissé les cinéphiles du monde entier sur le cul avec son polar classieux « A bittersweet life », revenais ce décembre dernier avec un film des plus intrigants, mais aussi des plus excitant au titre plutôt évocateur de grands moments passés : « Le Bon, la Brute, et le Cinglé », faisant bien sur écho au film culte « Le Bon, la Brute et le Truand » du tout aussi culte Sergio Leone…Intriguant oui, parce que un western niaqwé ça choque au début et ça nous turlupine un peu après, et excitant, parce que l’on attendait bien sur le retour de Kim après sa grosse bombe précédente, d’autant qu’on trouve coté casting des poids lourds : Lee Byung-Hun d’abord, qui nous avait impressionné dans le rôle principal de « A bittersweet life » où il portait le costard comme personne et où son brushing impeccable était indécoiffable même après quatre fusillades d’enfer et trois bagarres dans la boue (et que l’on retrouve donc ici dans le rôle de la Brute)…puis aussi la superstar (à juste titre) Song Kang-Ho, acteur formidable et surdoué qui a l’une des filmographies les plus parfaites qui soient (« Sympathie for Mister Vengeance » de Park Chan-Wook, « Secret Sunshine » de Lee Chang-Dong ou encore « Memories of Murder » de Bong Joon-Ho pour ne citer que ça !) dans le rôle du fameux Cinglé…puis à leur coté un autre acteur moins connu sous nos latitudes, Jung Woo-Sung, dans le rôle du Bon…Que du beau monde en somme, une association titillant nos papilles gustatives de cinéphiles, une attente qui devait se concrétiser en superbe paquet cadeau plein de surprises pour le doux mois de Décembre, glacial, le spectateur ne demandant qu’à s’évader au beau milieu de paysages désertiques et exotiques…A cela ajoutez l’anecdote qu’il s’agit de la production la plus chère de toute l’histoire du cinéma coréen (certes pas un argument de qualité en soi), on était donc en droit d’attendre du spectacle digne de ce nom, de l’aventure avec un grand A, de l’action avec un grand A aussi, et un brin d’humour plutôt le bienvenu quand on voit la dépression générale dans laquelle la planète est prise…certes on attendait pas le Messie mais quand même !

ARP Sélection

 Mais avant d’aller plus loin, voyons de quoi il retourne : nous sommes dans les années 30, au beau milieu des landes désertiques de Mandchourie (le grand Ouest quoi…pour la Corée), le Cinglé (Song Kang-Ho donc), un voleur sans le sou, un peu fourbe et pitoyable, dérobe à un officier de l’Etat major japonais une carte aux trésor lors d’une attaque d’un train par la bande de la Brute (Lee Byung-Hun), un mercenaire sans pitié, exécuteur de contrats en tout genre, lui-même à la recherche de cette fameuse carte…Ce dernier va donc partir à sa recherche, bien déterminé à retrouver ce trésor. Parallèlement, le Bon, un chasseur de prime, est aussi sur la trace du Cinglé qui a un contrat au dessus de sa tête. Bref, tout le monde en veut au Cinglé, y compris les officiers de l’armée japonaise qui entendent bien récupérer la précieuse carte, d’une importance stratégique majeure, et aussi les bons vieux guerriers mandchous ancestraux, qui aimeraient bien, eux aussi, retrouver leur bon vieux trésor de famille.

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Bref, un beau programme : fusillades, courses poursuites ahurissantes, personnages hauts en couleur, situations loufoques, rythme frénétique et quelques autres petits cadeaux tout aussi savoureux, « Le Bon, la Brute et le Cinglé » se présente comme un champ de montagne russe gigantesque de plus de 2h pendant lequel ça n’arrête pas. On en voit de toutes les couleurs, dans tout les sens, comme un espèce de beau bordel doucement loufoque et euphorique à l’énergie hautement communicative. On serait tenter de dire que c’est comme la pub pour les crêpes mexicaines : c’est « la fête dans les boites jaunes » (« jaunes » dans tous les sens du terme…). Le film démarre sur une séquence d’attaque de train sur fond de musique à la Enio Morricone (le lyrisme, le côté épique et le génie en moins tout de même) très rapide, et qui permet de faire la présentation et de mettre en confrontation les trois personnages titres, et le fil conducteur de l’intrique à savoir donc un jeu de chat et de la souris presque cartoonesque s’étirant tout le long du film. Bref ça commence pas trop mal, le tout est très prenant, très ludique, on retrouve nos gueules préférées du cinéma coréen qui se tire dessus comme personne et on se marre bien, donc le lancement du film est parfait. Le spectateur trépigne d’attente et d’impatience, le pouls bas à 100 à l’heure et on est excité comme un gosse la veille de Noël. Reste donc à l’ami Kim et à son équipe de concrétiser définitivement nos attentes en une histoire passionnante, avec des personnages d’une vrai envergure et une pointe d’émotion très appréciable comme justement ils avaient su le faire dans « A bittersweet life »…mais, bizarrement, au bout d’une demi heure on commence à trouver le temps long, impression vite effacée par la nouvelle fusillade trépidante dans le marché clandestin, puis par une autre, puis par une autre, puis par une autre, et au bout d’un moment on comprend le problème de la situation : « Le Bon, la Brute et le Cinglé » c’est une montagne russe, oui, mais qui tourne très vite en pilote automatique et qui annonce les virages en plus ! Et le problème justement c’est qu’un petit sentiment de lassitude commence à se faire sentir car on a très vite l’impression de revoir quatre fois la même séquence, en boucle, et qui suit le même schéma : fusillade, fuite, petit passage intermédiaire montrant un peu où en sont les personnages après la bagarre, quelques blagounettes, et hop, on enchaîne avec une nouvelle fusillade, et on recommence comme avant, le film finissant trop vite à se complaire dans se mécanisme répétitif qui, si c’est très amusant au début, devient carrément rebutant à la fin.


Lee Byung-Hun. ARP Sélection

  Alors d’accord, il est vrai que quand on sort de la salle de projection, on est plutôt enthousiasmé par les deux heures de film qu’on vient de se manger mais le fait est que ça résonne quand même un peu creux. On a la désagréable impression que, même si c’est très amusant, il manque quelque chose, un ingrédient essentiel pour que la mixture puisse être parfaite et totalement satisfaisante. « Quoi ? » me direz-vous. Et bien je vous répondrais : « Une bonne et vrai idée peut être ? Un peu d’épaisseur et de consistance dans tout ça n’aurait pas fait de mal du tout au film ! »…Et allons plus loin aussi en étant parfaitement honnête et en disant qu’un peu moins de prétention, un peu plus de modestie et de simplicité dans tout ça aurait été aussi une chose à faire ! L’ami Kim Jee-Woon aurait-il prit la grosse tête après s’être rendu compte que lui aussi pouvais pondre des chefs d’œuvres ? Parce que quand on se lance dans un projet très ambitieux qui est celui de réaliser un remake d’un mythe du western réalisé par celui qui est sans doute le plus grand metteur en scène (pour ce qui est de ce genre particulier), il faut quand même en avoir une bonne paire de couilles (pour parler dans le jargon de Sergio Leone) et aussi une sacrée idée derrière la tête !

 Or malheureusement, ce ne fut pas le cas de Kim Jee-Woon qui semble s’être ramené totalement en touriste sur ce coup-là et nous a pondu un film fade et très limité sur tous les plans. Et qui se paille le luxe de se présenter comme un nouveau chef-d’œuvre du western, digne descendant, au dire de certains critiques abrutis, de Leone et de Tarantino alors qu’il ne possède ni le génie et la puissance stylistique du premier, ni le talent et la capacité formidable de bricolage de l’autre !

 Car en effet, « Le Bon, la Brute et le Cinglé » est un film qui recycle, qui recycle beaucoup (comme Tarantino en effet) mais le problème est que c’est un recyclage d’une stérilité et d’une inutilité effroyable, tant et si bien que le soit disant western oriental (ou western kimchi) de Kim Jee-Woon ne devient qu’une singerie, une parodie piteuse et maigre de l’œuvre de Leone, et encore plus du western en général, film de genre certes mais qui possède ses subtilités et sa rhétorique si originale et si puissante.

ARP Sélection

 Parce qu’au-delà des cow-boys sur leurs fidèles montures et des colts qui rayonnent à la lumière du soleil lors du traditionnel duel final où les hommes s’épient avec un regard de tueur et les doigts gigotant près de leurs armes, Leone avait su conférer au delà de ces stéréotypes réducteurs, une densité, une contenance folle à ses films, pris dans des réflexions morales, politiques et mystiques formidables qui atteindront leur paroxysme dans ce qui est sans le doute le plus beau western jamais produit « Il était une fois dans l’Ouest » (et je crois qu’il serait bien de lui rendre justice aujourd’hui !). Et il en allait de même avec « Le Bon, la Brute et le Truand » qui situe son action en pleine guerre de sécession, faisant état d’un pays ravagé par la guerre civile et où trois individus totalement désintéressés dans ce conflit se pourchassent car ils sont mues par l’appât du gain avant tout !

 Les films de Leone étaient toujours l’occasion d’une peinture chaotique et anarchique de l’Amérique et de ses origines, celle d’un peuple et d’une Nation nés dans la violence et le chaos, et où l’argent, les fameux dollars, étaient la seule raison de tuer et de mourir. L’Amérique, pays de liberté et des rêves, était transformée sous la caméra et l’œil sévère de Leone en une terre aride de désillusion, de violence, pris dans un cycle infernal où les hommes, les fameux cow-boys ne sont pas des héros, mais véritablement des enfants de salaud, des pêcheurs qui paieront leurs fautes dans l’au-delà, et qui n’ont de finalité que leur mort prochaine (aussi disait-il d’ « Il était une fois dans l’Ouest » qu’il s’agissait d’un ballet avec la mort, d’une danse mortelle où tous les personnages –à l’exception de la seule femme interprétée par Claudia Cardinale- avaient un rendez-vous avec la Mort. Ajoutez tout ça à la séquence d’introduction anthologique où Henry Fonda en guise de première apparition abat toute une famille et, en dernier, le jeune enfant qui a été témoin du massacre, et vous cernez alors sûrement de quoi traite le film !).

 Donc en clair, Kim Jee-Woon et Sergio Leone ne jouent pas dans la même cours ! « Le Bon, la Brute et le Cinglé » est un film beaucoup trop maigre et maladroit pour pouvoir prétendre à l’étiquette de remake du « Bon, la Brute et le Truand » original (et ils n’ont en commun que la trame principal et le titre qui de « Truand » est changé en « Cinglé » ce qui ne sert strictement à rien…). De plus, même lorsque Kim Jee-Woon essaie de se distinguer du film original, ses tentatives tombent à plat (notamment la trame « du coupeur de doigts » qui est une espèce de coup de théâtre qui ne sert….strictement à rien lui non plus) ou plus encore lorsqu’il essaie de justifier en quoi le fameux trésor est si important aux yeux de l’armée japonaise, des guerriers mandchous, et des trois personnages principaux (bref toute l’Asie) en sortant une explication politique et stratégique remettant en cause la géopolitique de toute la région (en essayant pitoyablement d’actualiser ce propos avec les évènements actuels en Asie), qui n’est vraiment mais alors vraiment pas convaincante…Enfin, le dernier problème dans cette affaire, est le personnage de Jung Woo-Sung, le Bon, qui, même si l’acteur se défend pas mal et a quelques grands moments dans le film, ne fait malheureusement vraiment pas le poids face aux charismes écrasants et aux talents complètement fous de Song Kang-Ho et Lee Byung-Hun, qui d’ailleurs, même s’ils sont géniaux, sont en plus de ça eux même handicapés par des personnages très peu écrits, très maigres et qui manquent cruellement de profondeur. Ils ne sont réduits qu’à des images, des stéréotypes, des personnages types qui ne font que remplir leur office d’image (le Bon est très juste et très droit, la Brute est très méchante et très violente, et le Cinglé est complètement barge et d’une débilité certaine…).

 Ainsi, tout ça concoure à faire du film de Kim Jee-Woon un divertissement fort sympathique mais au final très vain et très creux. Certes on n’aura pas regretté de se déplacer au cinéma pour aller le voir, mais quand même, on était en droit d’en attendre plus, beaucoup plus de la part du réalisateur de « A bittersweet life ».

Song Kang-Ho. ARP Sélection

 Enfin pour ceux qui sont intéressés à l’idée de voir un bon western oriental, et bien un film comme « Exilé » de Johnnie To est une alchimie parfaite entre le polar hongkongais survitaminé et le western à la Leone (dont les thématiques sont parentes de celle du maitre hongkongais à savoir la violence, les univers virils, la perversion par l’argent et l’idée de pêché et de salut…) ou alors, pour le côté parodique et décalé (sauf que là c’est réussi) il y a aussi « Sukiaky Western Django » de Takashi Miike (avec entre autre Tarantino, comme quoi tout se recoupe !) ou enfin tout simplement le diptyque « Kill Bill » du même Quentin Tarantino…

 En définitive, « Le Bon, la Brute et le Cinglé » est un film qui se voit entre copains un soir, histoire de se poiler et de passer un sacré bon moment sans trop se prendre la tête, mais on en restera là. Après, il faut passer à autre chose, et on espère bien que l’ami Kim Jee-Woon le fera aussi, et comptera moins sur sa belle affiche et son beau budget de production hollywoodienne la prochaine fois qu’il sort un film…

                                 Ichimonji

 (2 étoiles) (le spectateur que je suis aurait mis 3 étoiles, mais après tout ceci est une chronique et en bon chroniqueur je me dois de rester critique et met donc 2 étoiles).  

 

Bon je me devais quand même de réagir rapidement ici car si je comprends les arguments d'Ichimonji dont certains sont difficiles à contredire (faiblesses du scénario, absence de réflexions  sous-jacentes, libertés prise avec le style de Sergio Leone) je ne partage pas son point de vue sur le film. Et oui moi j'ai vraiment aimé, adoré même ce western baroque, déjanté, faux hommage mais vrai foutoir débordant de bonnes idées. Certes le fond n'est pas éblouissant, l'intrigue souffre de baisse de rythme, elle manque parfois d'originalité ou de profondeur, les personnages ne sont pas trop creusés. Mais pourtant la mise en scène a été une telle claque, j'ai tellement apprécié cette débauche d'action, ces envolées d'adrénaline partant dans tous les sens au mépris du déroulement du film que bon cela efface tout. Je suis peut être indulgent mais moi je reverrais sans problème ce film encore et encore pour ses courses poursuites invraisemblables au son du culte Don't let me be misunderstood, pour la mythique bataille du marché, pour ses duels au soleil qui démarre dans le style western leonien pour finir en gros n'importe quoi jouissif, bref pour ses scènes d'action géniales et improbables qui m'ont fait passer un excellent moment.

Je crois que pour vraiment apprécié ce film il ne faut pas trop pousser la comparaison au western, il y a une évidente inspiration, des clins d'oeil mais ça s'arrête la je crois, je n'ai pas vu ce film comme un remake du mythique Leone mais plus comme un hommage aux codes du western. Si je devais situer ce film perso je le placerais au rayon des bons gros films d'action qui tachent parfois mais font sacrément plaisir, genre le western spaghetti petit budget mais idées larges qui n'hésite pas à prendre ses libertés. Je dis film d'action plutôt car d'abord je crois qu'il y a une volonté de se réapproprier le style avec une certaine liberté, s'affranchissant des contraintes pour donner un film détonnant, un western à 100 à l'heure loin d'un Sergio Leone qui prenait toujours son temps pour installer son décor faire monter la pression, creuser ces personnages, ce n'était pas l'objectif ici. On a retenu du western que les clichés finalement, du gunfight sous le soleil de plomb, du désert aride impitoyable, de l'attaque du train et cela a été mixé pour faire quelque chose de nouveau, de déjanté, de propre au réalisateur. Puis je pense que Kim Jee Woon ne serait pas assez fou pour oser aussi frontalement le remake de ce qui est certainement le plus grand western  réalisé par le meilleur dans ce genre, la ça aurait été vraiment casse gueule et potentiellement mauvais car transposé simplement l'univers leonien en Asie ça aurait pu être catastrophique.

Jung Woo-Sung. ARP Sélection

Dans cette optique on comprendrait mieux pourquoi le scénario n'est pas ultra développé j'ai la sensation que Kim Jee Woon a privilégié l'action au détriment du scénar, c'est un choix mais moi je trouve ça plutôt osé. C'est un retour au source, ras les bols de ces films d'action récents qui se cherchent une légitimité nous imposant de l'action entrecoupé d'un scénario tarabiscoté et franchement chiant. Ici certes le scénario n'est pas béton il a des faiblesses des limites mais niveau adrénaline, niveau baston, niveau frisson on est servi, cela faisait longtemps que je n'avais pas été aussi excité sur mon siège attendant avec impatience une nouvelle explosion de cascades, de cavalcades endiablées au son des balles. Ensuite concernant les personnages on peut dire qu'ils n'ont pas beaucoup d'épaisseur mais j'ai envie de dire qu'on s'en fout finalement car ils ont une classe et un charisme indéniable. Ils sont mémorables non pour les affres psychologiques mais pour leur style unique et déjanté, pour leur classe, franchement la Brute ça c'est du méchant, peut être pas trop nuancé, mais qui au moins a de la gueule, et que dire du Cinglé un roman à lui seul, invraisemblablement débile, incroyablement chanceux mais sacrément culte... (C'est vrai que le Bon est un peu en dessous mais juste pour sa manière de recharger son fusil il garde une place dans mon coeur.) En bons héros de films d'action leur prestance, leur charisme suffisent à leur donner une personnalité, d'ailleurs quand on regarde dans le genre je ne crois pas qu'un Mad Max, qu'un Snake Plissken aient une psychologie très poussée mais ils sont classes grâce à leur charisme, leur magnétisme, bref du vrai action hero cliché mais tellement cool.

Donc pour moi Le Bon, La Brute et le Cinglé remplit son contrat en offrant un film ou l'on ne s'ennuie pas et ou surtout en prend un sacré pied lors de scènes d'action inventives et jubilatoires. Kim Jee-Woon offre une galerie de personnages mémorables car décalés, déjantés de parfaits clichés dans leur style mais le genre de types qu'on adore aimer ou détester. Après on peut être déçu car le fond n'égale pas la virtuosité formelle, ce que Kim Jee Woon avait réussi avec A Bittersweet Life, mais cela ne constitue pas une raison de bouder son plaisir pour un film qui redonne sa noblesse au film d'action en suivant une règle simple mais cruciale : la véritable intelligence d'un film d'action et d'oser le cliché, de forcer le trait, d'enrober ça dans une bonne couche d'action et alors plus ce sera gros plus le spectateur avalera facilement, en tout cas c'est exactement ce que j'ai ressenti.

Le Bon, la Brute et le Cinglé, un divertissement avec un grand D, grandiose, épique, marquant, avec des personnages haut en couleur qui feront date, de l'action en cascade, une BO composée des classiques imparables du genre, le tout lié par une mise en scène, élégante bien que baroque efficace bien que partant dans tous les sens, qui va toujours plus loin. Ce n'est pas un western c'est un ovni !

Ma note ****(La critique première étant celle d'Ichimonji c'est sa note qui apparaitra)

Nostalgic du Cool


 
Le Bon, la brute et le cinglé - ma note pour ce film :
Réalisé par Kim Jee-Woon
Avec Jung Woo-Sung, Byung-hun Lee, Song Kang-Ho, ...
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